PreLex
Presbyopic Lens Exchange, échange de cristallin clair
On remplace le cristallin avant qu’il ne devienne cataracte.
Après 55 ans, le cristallin a perdu toute souplesse et commence à s'opacifier. Le PreLex consiste à le remplacer par un implant définitif qui corrige à la fois la vision de loin et celle de près. C'est une chirurgie intraoculaire, avec les exigences que cela suppose, mais son résultat est définitif et la cataracte ne pourra plus se former.
Le principe, en trois paragraphes.
Le cristallin est la lentille interne de l'œil. Souple dans la jeunesse, il se déforme pour faire la mise au point de près : c'est l'accommodation. Vers 45 ans, il durcit et cette capacité disparaît, c'est la presbytie. Plus tard, il s'opacifie, c'est la cataracte.
Le PreLex anticipe : on retire un cristallin encore clair, mais déjà rigide, et on le remplace par un implant intraoculaire. Selon le projet visuel, cet implant est monofocal, à profondeur de champ étendue, ou trifocal pour couvrir loin, intermédiaire et près.
Le geste est techniquement celui de la chirurgie de la cataracte, l'une des interventions les mieux maîtrisées de la médecine. La différence tient à l'indication : ici, on opère un œil qui voit encore, pour supprimer la dépendance aux lunettes. C'est ce qui justifie une sélection exigeante.
Ce qui se passe, étape par étape.
Vous êtes allongé, sous anesthésie par gouttes, en ambulatoire. Vous entrez et sortez du bloc à pied. Personne ne vous touche l'œil sans vous prévenir, et rien de ce qui suit ne se fait dans la précipitation.
L'ouverture
Une micro-incision cornéenne de moins de trois millimètres donne accès à l'intérieur de l'œil. Une ouverture circulaire calibrée est pratiquée dans la capsule qui entoure le cristallin, en préservant le reste du sac.
Le retrait du cristallin
Le cristallin est fragmenté par ultrasons puis aspiré, c'est la phaco-émulsification. Le sac capsulaire, une enveloppe d'une finesse extrême, est soigneusement conservé : c'est lui qui accueillera l'implant et le maintiendra en position.
La mise en place de l'implant
L'implant, plié, est injecté par la même micro-incision et se déploie dans le sac capsulaire. Sa puissance a été calculée en amont à partir des mesures biométriques de votre œil. L'incision est auto-étanche, sans suture.
Pour qui, et pour qui pas.
Aucune de ces listes ne remplace un examen. Le bilan de faisabilité est précisément ce qui transforme ces critères généraux en une réponse pour votre œil.
Les conditions requises
- Presbytie gênante, en pratique à partir de 55 à 60 ans, avec le souhait de se passer de lunettes.
- Myopie, hypermétropie ou astigmatisme de toute puissance, y compris au-delà des limites du laser cornéen.
- Début de cataracte débutante associée à une gêne visuelle.
- Rétine saine et macula normale, vérifiées par OCT lors du bilan.
Ce qui écarte cette technique
- Patient jeune conservant une accommodation utile : on ne sacrifie pas un cristallin fonctionnel.
- Pathologie maculaire (DMLA, membrane épimaculaire), qui limiterait le bénéfice des implants multifocaux.
- Myopie forte avec rétine fragile, où le risque de décollement de rétine doit être soigneusement pesé.
- Attentes de perfection absolue en vision nocturne : les implants multifocaux génèrent des halos.
Ce que le PreLex apporte, et ce qu'il coûte.
Les avantages
- Résultat définitif : l'implant ne vieillit pas et la cataracte ne pourra plus se former.
- Corrige simultanément la vision de loin, intermédiaire et de près avec les implants trifocaux.
- Traite des amétropies hors de portée du laser cornéen, sans toucher à la cornée.
- Supprime une future chirurgie de la cataracte, qui aurait été nécessaire de toute façon.
- Geste technique éprouvé, dérivé de la chirurgie de la cataracte pratiquée des centaines de milliers de fois par an en France.
Les inconvénients
- C'est une chirurgie intraoculaire : le niveau de risque est structurellement supérieur à celui d'un laser cornéen.
- L'accommodation résiduelle, si elle existait encore, est définitivement perdue.
- Les implants multifocaux s'accompagnent de halos et d'une sensibilité aux contrastes légèrement réduite la nuit.
- Le geste est irréversible : contrairement à l'ICL, on ne revient pas en arrière.
- Une adaptation neurologique de quelques semaines à quelques mois est nécessaire avec les implants multifocaux.
Les complications possibles, sans les arrondir.
Toute chirurgie comporte des risques, y compris celle-ci. Les fréquences ci-dessous sont des ordres de grandeur issus de la littérature ophtalmologique : elles varient selon les séries, la correction traitée et le profil du patient. Votre risque personnel, lui, est établi au bilan préopératoire et repris lors de l'entretien avec le chirurgien.
Le délai de réflexion de 15 jours
La loi impose un délai de quinze jours entre la remise de l'information et l'intervention, pour toute chirurgie réfractive. Ce délai n'est pas une formalité : il existe pour que vous puissiez relire la fiche d'information, poser les questions qui vous viennent après coup, et renoncer si vous le souhaitez. Aucune intervention n'est programmée avant son terme.
Les suites, jour après jour.
Vision floue, œil parfois rouge. Retour à domicile quelques heures après, accompagné. Coque de protection la première nuit.
Contrôle au cabinet. La vision de loin est souvent déjà nette. La vision de près demandera quelques semaines d'adaptation avec un implant multifocal.
Collyres antibiotiques et anti-inflammatoires selon un protocole dégressif. Pas de piscine, pas de frottement, pas de port de charges lourdes.
Le second œil est opéré à quelques jours ou quelques semaines d'intervalle. L'adaptation neurologique à la multifocalité se poursuit, la gêne nocturne s'atténue.
Un forfait complet, sans surprise.
- Frais de bloc opératoire.
- Traitement personnalisé calculé sur vos examens.
- Retouche incluse les douze premiers mois si elle s'avère nécessaire.
- Suivi postopératoire inclus les six premiers mois.
Et le remboursement ?
L'Assurance Maladie ne rembourse rien : la chirurgie réfractive est un acte hors nomenclature, dont la base de remboursement est de zéro euro. En revanche, la plupart des complémentaires santé disposent d'un forfait dédié, dont le montant va de 100 à plus de 1 000 € selon le contrat.
Un devis nominatif vous est remis à l'issue du bilan : c'est la pièce que votre mutuelle réclamera pour confirmer sa participation.
Voir les forfaits de 37 mutuelles →Règlement le jour de la chirurgie (carte bancaire, chèque, espèces). Paiement en trois fois sur demande.
Le PreLex parmi les autres techniques.
| Technique | Amétropies | Récupération | Douleur | Tarif / œil |
|---|---|---|---|---|
| LASIK | Myopie, hypermétropie, astigmatisme | < 24 h | Faible | 1 340 € |
| SMILE | Myopie, astigmatisme | Quelques jours | Faible | 1 340 € |
| TransPKR | Myopie, hypermétropie, astigmatisme | ~1 mois | Modérée 48 à 72 h | 1 140 € |
| PresByLASIK | Presbytie | Quelques semaines | Faible | 1 640 € |
| PreLex (cette page) | Toutes amétropies, dès 55-60 ans | Quelques jours | Faible | 900 à 1 200 € |
| ICL | Toutes, y compris fortes | Quelques jours | Faible | dès 2 400 € |
Ce que les patients demandent le plus.
Quelle différence entre le PreLex et une opération de la cataracte ?
Le geste chirurgical est le même : on retire le cristallin et on le remplace par un implant. La différence tient à l'indication. Dans la cataracte, le cristallin est devenu opaque et la vision baisse : l'opération est thérapeutique et remboursée. Dans le PreLex, le cristallin est encore clair mais rigide : l'opération vise à supprimer les lunettes, elle relève du confort et n'est pas remboursée.
Vais-je pouvoir me passer totalement de lunettes ?
C'est l'objectif avec un implant trifocal, et il est atteint dans une large majorité des cas pour la vie courante. Une paire de lunettes fines peut rester utile pour la lecture prolongée en faible lumière ou pour un travail très précis. Aucun implant ne restitue exactement le fonctionnement d'un cristallin jeune.
Aurai-je encore une cataracte plus tard ?
Non, jamais. La cataracte est l'opacification du cristallin naturel : une fois celui-ci retiré, elle ne peut plus survenir. En revanche, la fine membrane laissée en place pour tenir l'implant peut s'opacifier avec le temps. On parle alors de cataracte secondaire, un abus de langage : elle se traite en quelques minutes au laser YAG, en consultation, sans revenir au bloc.
À partir de quel âge peut-on envisager un PreLex ?
Rarement avant 55 ans. Tant qu'il reste une accommodation utile, retirer un cristallin fonctionnel n'a pas de justification. Entre 45 et 55 ans, le PresByLASIK et l'implant ICL sont le plus souvent préférés. Le bilan précise, pour votre œil, quelle option est la plus pertinente.
Combien coûte un PreLex à Melun ?
De 900 à 1 200 € par œil selon l'implant choisi, soit 1 800 à 2 400 € pour les deux yeux. Le tarif dépend du type d'implant, monofocal, à profondeur de champ étendue ou trifocal, et de la présence d'une correction torique pour l'astigmatisme. Un devis nominatif vous est remis à l'issue du bilan.
Tout commence par le bilan.
Il est sans engagement.
Le bilan de faisabilité détermine en une consultation si vous êtes éligible au PreLex, et quelle technique vous conviendra le mieux. Il donne lieu à un compte rendu, une fiche d'information et un devis. Délai légal de 15 jours avant toute chirurgie.
Recommandations & références.
- Rapport SFO 2018 : Chirurgie réfractive. Société Française d'Ophtalmologie, 2018. sfo.asso.fr
- Refractive Errors and Refractive Surgery : Preferred Practice Pattern. American Academy of Ophthalmology, 2022. aao.org
- ESCRS Clinical Trends : Refractive Surgery. European Society of Cataract and Refractive Surgeons, 2023. escrs.org
- Évaluation des techniques de chirurgie réfractive. Haute Autorité de Santé (HAS), 2007 (révision 2018). has-sante.fr
- Décret n°2003-825 du 26 août 2003 : Information du patient en chirurgie réfractive. Ministère de la Santé.
Page publiée le 28 août 2026. Cette page a une vocation d'information. Elle ne remplace ni la consultation, ni la fiche d'information remise avant l'intervention, ni l'entretien avec le chirurgien.